Des impôts « raisonnables »

Payer taxes et impôts pour financer notre système social, oui. Matraquer les PME (premières créatrices de nouveaux emplois), les indépendants et les classes moyennes, non !

La Belgique est l’un des pays où l’on paye le plus d’impôts et de taxes. Si ces prélèvements obligatoires nous permettent de financer notre système social (qui est, rappelons-le, l’un des plus performants au monde), poussée à l’extrême, cette « frénésie taxatoire » n’a qu’un seul effet à court, moyen et long terme : freiner, voire faire régresser la capacité des entreprises à créer de l’emploi et la capacité des ménages à consommer. Bref, tout ce qu’il faut pour ne pas sortir de la crise !

PME et indépendants écrasés d’impôts 

La majorité des nouveaux emplois sont créés par les petites ou moyennes entreprises (PME) et les indépendants. Or, alors que de nombreuses entreprises multinationales implantées dans la Région de Bruxelles-Capitale parviennent à pratiquement échapper à l’impôt sur les sociétés, nos PME et nos indépendants sont fiscalement matraqués ! Dans certaines communes, ils doivent parfois s’acquitter de pas moins de 7 ou 8 taxes communales et régionales différentes ! Et eux, ils n’échappent pas à l’impôt sur les sociétés et aux charges sociales… Éric, travailleur indépendant, peut en témoigner : « Voilà cinq ans que j’aurais bien besoin d’une secrétaire pour s’occuper de l’administration et m’aider à gérer mon carnet de commandes. Or, si je souhaite la rémunérer 1500 € nets par mois, je devrais débourser près du double… Je n’en ai pas les moyens. » Résultat : un emploi en moins… et un indépendant surchargé en plus !

Encourager les nouveaux emplois

Pour encourager l’emploi et l’installation durable des investisseurs dans la Région de Bruxelles-Capitale, il faudrait commencer par alléger les charges fiscales et sociales qui pèsent sur les PME et les indépendants. Comment ?

  • En créant des zones franches dans les communes bruxelloises où certaines taxes sur les entreprises seraient supprimées… à l’instar de la Flandre.
  • En allégeant les charges sociales et fiscales sur les 5 premiers employés d’une PME installée à Bruxelles, pendant une période suffisamment longue (3 ans, par exemple). Objectif : lui laisser le temps d’augmenter son chiffre d’affaires grâce à la valeur ajoutée de ses nouveaux travailleurs…
  • En favorisant les accords de coopération avec la Flandre et la Wallonie (exemples : zonings de Zaventem, de Waterloo, etc.) pour stimuler la mobilité professionnelle des travailleurs bruxellois. Après tout, si des centaines de milliers de navetteurs flamands et wallons viennent chaque jour travailler à Bruxelles, pourquoi les Bruxellois ne pourraient-ils pas faire de même dans les autres régions du pays ?

Et les classes moyennes, dans tout ça ?

Tout le monde est d’accord : la consommation des ménages est l’une des principales clés de la croissance économique. Dans les médias et les débats publics, on parle toujours des « riches » et des « pauvres ». Mais qui se soucie des classes moyennes, qui composent pourtant la grande majorité de la population ? Je trouve profondément injuste que ce soit ces classes moyennes qui, au bout du compte, soient le plus durement touchées par la crise. Leurs revenus sont tout juste trop hauts pour bénéficier des certains avantages réservés aux personnes les plus défavorisées (bourses d’études, réductions sur les abonnements de transports, allocations, etc.), mais pas assez élevés pour bénéficier du même confort de vie que les classes plus aisées. Selon moi, les revenus moyens devraient payer moins d’impôts sur la personne physique (IPP) pour pouvoir être davantage dépensés dans l’économie… et relancer la croissance.