Du travail (et des formations) pour tous !

En matière d’emploi, Bruxelles fait office de « mauvais élève » de la classe belge : notre région compte près de 20 % de chômeurs. La majorité ne demande qu’une chose : travailler. Encore faut-il qu’ils puissent et sachent le faire…

Du travail à Bruxelles, il y en a. Le problème ne tient pas tant à la quantité qu’à la qualité des emplois vacants. Il y a un écart entre, d’une part, les prérequis et besoins des entreprises qui embauchent et, d’autre part, le niveau de qualification des demandeurs d’emploi… qui est souvent insuffisant. La majorité des chômeurs de longue durée n’ont que leur certificat d’études secondaires en poche (et encore !). Près de 90 % ne parle qu’une seule langue. Or, à Bruxelles, le bilinguisme français-néerlandais est souvent nécessaire pour espérer décrocher un emploi.    
Si l’économie bruxelloise est essentiellement basée sur les services (secteur tertiaire), nous aurions tout intérêt à recréer un véritable secteur secondaire dans notre région. En effet, dans de nombreux domaines de la production et/ou de la transformation de biens, nous manquons cruellement de main-d’œuvre qualifiée : plombiers, électriciens, boulangers, ouvriers qualifiés, etc. Or, le premier lieu de formation, c’est bien entendu l’école.

Plus de partenariats écoles-entreprises

Ne nous voilons pas la face : aujourd’hui, la Communauté française n’a plus les moyens de financer des outils de formation performants à destination des jeunes. Exemple typique : les machines utilisées dans les usines de montage automobile. Elles sont chères, et le temps de les commander et de les installer dans une école professionnelle pour apprendre aux élèves à s’en servir, et elles seraient déjà obsolètes ! La solution consisterait à créer et à renforcer les partenariats entre les écoles et les entreprises ou les fédérations professionnelles : stages en entreprise, formation professionnalisante, enseignement dit « en alternance », etc.
Lorsque j’étais échevin de l’instruction publique à la commune de Schaerbeek (2006-2012), en collaboration avec le Centre de technologie avancée (CTA) de chimie, nous avons investi dans l’achat d’outils dédiés à la purification des eaux. Des dizaines d’élèves de 5e et 6e secondaires techniques ont donc été formés à ces techniques. Une corde de plus à leur arc qui a permis à nombre d’entre eux de trouver un emploi dans ce secteur très spécialisé !

Former les chômeurs : une priorité !

De nombreuses structures publiques et privées (CPAS, Actiris, Bruxelles-Formation, etc.) proposent des formations gratuites aux chômeurs, pour apprendre un métier ou une langue, notamment le néerlandais. Pour encourager les demandeurs d’emplois à en profiter, il faudrait d’abord faire un audit exhaustif de ces formations et les centraliser de façon cohérente… ce qui n’est pas le cas aujourd’hui : l’offre est morcelée et les demandeurs d’emploi sont rarement au courant de tout ce qui existe à ce niveau.
Afin de renforcer cette offre, nous devrions ensuite y injecter au moins 30 millions d’euros. C’est faisable : grâce à la 6e réforme de l’État, la Région de Bruxelles-Capitale va être refinancée à hauteur de 460 millions d’euros en 2015-2016. Investir une partie de cette somme dans la formation est, selon moi, la meilleure stratégie pour lutter contre le chômage et les inégalités qui en découlent.
Enfin, j’estime que les allocations de chômage devraient être conditionnées à l’inscription et à la participation active à ces formations. Recevoir de l’aide sociale durant une période difficile (à cause d’un licenciement, par exemple), oui. S’installer à long terme dans l’assistanat sans véritable projet de réinsertion professionnelle, non !