Culture

La création d'une bibliothèque aux mille et une facettes

Un des gros évènements marquants de la législature en culture est la création d'une toute nouvelle bibliothèque. En 2005-2006, la bibliothèque « Mille et une pages » voyait le jour sur 66m2. Elle a été développée sur le modèle des idea store londoniens. Ce qui signifie que ce n'est plus un endroit de prêt de livres, mais un endroit interactif où l'on peut avoir des formations, des activités culturelles, un desk internet... Il y a un gros travail d'éducation permanente. En effet, on a mis un amphithéâtre pour des expositions, des travaux d'enfants. Nous y avons aussi intégré une ludothèque (150m2) et une médiathèque (14000 titres) qui n'existait pas auparavant.

En 2011, un espace éducatif supplémentaire de 200m2 a vu le jour, « je me suis aperçu qu'énormément de jeunes squattaient la bibliothèque pour étudier, explique Georges Verzin. On est entouré de logements sociaux et de nombreux ados ont de grosses difficultés à travailler chez eux ». Nous avons donc insaturé une salle d'étude ou un accompagnant est présent et peut venir en aide aux étudiants en terme de méthodologie ou de recherches documentaires. Une personne coordonne le lieu d'études en établissant des tournantes entre les bénévoles et les professeurs retraités qui viennent donner un coup de main aux jeunes.

La bibliothèque de Schaerbeek prise comme modèle lors du nouveau décret

Ce nouveau décret instaure un travail d'éducation permanente pour toutes les bibliothèques francophones. On pense la bibliothèque comme un lieu d'animation, de citoyenneté active et de cohésion sociale. Elle aussi couplée au projet scolaire, il y a des opérations « lire dans les classes » pour apprendre comment avoir accès aux documents tant sur papier que numériquement. On essaye de mettre les enfants sur le chemin de la lecture publique dés leur plus jeune âge.

Liaison culture-école/ culture-éducation
  • Entre 2008 et 2012, j'ai généré 30000€ par an pour faire une programmation de théâtre avec des jeunes artistes au sein des écoles. Le théâtre permet d'accéder à des valeurs universelles et avoir une ouverture sur le monde. Dans le même registre, j'ai accueilli une troupe de danse en résidence dans une école pendant cinq ans. La danse travaille la psychomotricité. Au sein du quartier Helmet où la plupart des résidences sont sociales, nombreux sont les jeunes hyperkinétiques qui n'ont pas assez d'espaces pour se défouler. Amener la danse et le yoga leur a permis de mieux comprendre leur corps grâce à la maitrise des mouvements qu'ils génèrent.

  • Dynamiser de nouveaux espaces culturelsMaison des Arts : on y a mis deux ateliers de peintures. L'un est contemporain et l'autre plus classique. On a aussi proposé aux enseignants et aux meilleurs élèves des académies de venir se produire en live dans la maison des arts. Pour ajouter de la vie en permanence dans cette maison des jeunes, on a fait un espace de petite restauration.Un circuit jazz (quatre fois par mois) : il s'agissait d'un concert par semaine dans des lieux différents, mais confinés. Ce qui est normal, car le jazz requiert de petites jauges ! Par contre la récurrence et le fait de le faire chaque fois dans des lieux différents (sous-sol de restos, café) permettaient de recréer du lien social afin de créer une ambiance qui manque cruellement à Schaerbeek.


École

Une grande partie de l'énergie que j'ai déployée a servi à établir une réflexion collective pour le projet éducatif communal. Il s'agissait d'établir une stratégie commune à toutes les écoles même si chacune a sa spécificité. On a commencé à travailler dans une logique de réseau. En réunissant directions et enseignants, l'envie de ne plus faire son travail indépendamment des autres a émergé. Il a fallu, ensuite, construire des outils de management de l'éducation : un vrai journal de classe, un carnet de programmes qui accompagne une classe tout au long de son cursus...

Ensuite, nous avons eu envie de revisiter le parascolaire, ce qui se passe avant et après les cours. Il y avait un profond déséquilibre entre les écoles « riches » qui avaient un comité de parents, beaucoup d'activités parascolaires et les écoles « moins riches » qui n'avaient quasiment rien. Nous avons donc confié à une ASBL le soin de coordonner tout le travail parascolaire. Désormais, chaque école définit les projets qui sont pris en main par l'ASBL. Ce qui permet effectivement d'avoir un contrôle de qualité tant en aide aux devoirs qu'en activités diverses et en même temps de lutter contre le travail en noir des enseignants. Dans le cadre institutionnel précédent, certains enseignants se faisaient un double salaire avec les activités parascolaires, ce qui est totalement illégal. On a donc considéré qu'un enseignant, en prenant le statut de volontaire, pouvait gagner 1200€/an sans être déclaré. On a découpé cette somme en autant de périodes qu'il y a de semaines dans l'année. Chaque enseignant est payé 25€ net/heure chaque fois qu'il prend une activité parascolaire en main, ce qui a permis de redévelopper tout le réseau.